CGD Traitements
1- Précautions

2- Eviter l'infection :
Prophylaxie

3- Si l'infection est déjà existante :
Traitement
• Antibiotiques
• Interféron Gamma
• Surveillance médicale
• Hospitalisation

4- Evolution des thérapeutiques :
Avenir
• Greffe de Moëlle Osseuse
• Thérapie Génique


> Précautions

L'hygiène de vie :
Elle permet de prévenir les infections mineures notamment de la peau.
Lavage quotidien du corps avec un savon doux plus un lavage avec un savon à l'hexachlorophene ou povidone iodée scrub des parties sensibles.
Brossage des dents, au moins, biquotidien avec un dentrifrice contenant du bicarbonate de soude ou du peroxyde d'hydrogène.
Nettoyage des coupures avec du peroxyde d'hydrogène.
Pas de boissons alcoolisée et de tabac qui diminuent les défenses immunitaires.
Activité sportive limité avec moindre risque de blessures.
Vaccination classique (polio, rubéole, rougeole, oreillon…)
La vie scolaire est normale à l'exception des périodes d'hospitalisation.

Au quotidien
Eviter le contact avec la terre, les herbes et végétaux, le jardinage…attention au bois, rempotage de plantes.
Eviter les caves, les greniers, la poussière et les salissures, tous travaux de rénovation.
Nettoyer les locaux avant habitation.
Les animaux de compagnie sont tolérés à condition de les vacciner, de ne pas les mettre dans le lit, de ne pas les nourrir soi-même…


> Prophylaxie

Le traitement principal consiste en une prophylaxie (mesure préventive contre les infections) antimicrobienne avec souvent l'association sulfaméthoxazole-triméthoprime (Bactrim®) et antifongiques (Itraconazole®) permettant de ménager des phases de répit entre les différents épisodes infectieux, de diminuer le nombre d'épisodes infectieux et la sévérité des infections. L'injection sous-cutanée d'interféron y réduit le nombre et la sévérité des infections, et améliore également la résistance des malades aux infections.

La prophylaxie médicale : au moindre signe d'alerte le patient doit consulter son médecin afin d'intervenir le plus précocement possible sur l'infection potentielle.
    - Une fièvre de plus de 2 jours
    - adénopathie
    - zones chaudes, sensibles ou gonflées
    - plaies purulentes ou irruptions cutanées
    - toux ou douleurs de poitrine persistantes
    - douleurs abdominales persistantes
    - diarrhée
    - maux de tête fréquents ou persistants
    - sueurs nocturnes
    - perte d'appétit
    - perte de poids



> Traitement

Le traitement des infections elles-mêmes est réalisé par une antibiothérapie aggressive à forte dose et pendant de longues périodes en administration orale ou intraveineuse pour les formes les plus graves quelques fois pendant plusieurs mois en milieu hospitalier.
Plus le traitement est démarré précocément plus il est efficace.

Le foyer infectieux peut nécessiter une biopsie afin de déterminer l'agent pathogène. Le tissus infectieux peut subir un exérèse ou un drainage si l'infection résiste à l'antibiothérapie.

Quelques fois sont ajoutés des stéroïdes ou des anti-inflammatoires afin de diminuer la taille des granulomes.

Enfin une transfusion de cellules blanches sanguines peut dans certains cas, s'avèrer nécessaire si l'antibiothérapie et la chirurgie sont inefficaces ou si l'état général s'aggrave. Ceci n'est pas utilisé comme traitement régulier mais uniquement dans les cas extrêmes.

Dans les cas de dénutrition, une nutrition parentérale (par voie veineuse) est nécessaire.



> Avenir

La greffe de moëlle osseuse a été récemment proposée dans les formes sévères bien que les complications liées à la transplantation en limitent encore leur utilisation. Actuellement, 15 allogreffes ont été rapportées, toutes en situation HLA géno-identique avec un pourcentage de guérison de l'ordre de 67 %. Ces greffes peuvent être proposées aux patients présentant des complications graves de la maladie, notamment, des aspergilloses réfractaires et/ou des complications granulomateuses cortico-dépendantes.

Les neutrophiles, principales cellules atteintes dans la CGD, ne sont pas aisément transfectables. Ce qui a amené différents groupes à étudier d'autres modèles cellulaire afin, d'une part de mieux comprendre les mécanismes défectueux au sein du complexe enzymatique du patient et, d'autre part, de pouvoir corriger l'activité déficitaire de la NADPH oxydase directement dans les cellules. A l'aide de vecteurs d'expression apportant l'information nécessaire à la production des protéines manquantes, il a été possible de reconstituer ex vivo et de façon stable l'activité oxydase (15 à 60 %) dans différentes lignées hématopoïétiques (LB-EBV, cellules de lignée leucémique myéloïde, HL60, U937) provenant de patients atteints de CGD. Par la suite, l'utilisation de vecteurs rétroviraux ou autres, a permis, après transfection des cellules souches hématopoiètiques ou des précurseurs hématopoïétiques du sang périphérique CD34+ provenant du patient lui-même, par les gènes manquants ou anormaux, de restaurer l'activité oxydase abolie. Dans un deuxième temps les cellules "corrigées" du patient peuvent être réadministées au malade, permettant de restaurer une activité NADPH oxydase.

Différents modèles de souris transgéniques ont également été obtenus (KO91, KO47). Ces modèles animaux devraient aider au développement de nouveaux traitements pour la CGD et permettre d'évaluer le rôle des dérivés toxiques de l'oxygène des phagocytes dans l'inflammation. La transplantation de telles souris par des cellules souches préalablement transfectées par un vecteur rétroviral, contenant l'ADNc déficitaire, permet de reconstituer une activité oxydase.

Ces approches in vitro et ex vivo ouvrent des perspectives d'avenir encourageantes pour la thérapie génique comme traitement efficace et définitif de la Granulomatose Chronique. En effet on peut être raisonablement optimiste, si l'on sait que la présence de 3 à 5% de polynucléaires fonctionnels peut fournir une protection suffisante contre les infections. Un essai de thérapie génique a récemment été tenté afin de restaurer l'activité NADPH oxydase chez des patients atteints de CGD déficitaire en p47phox. Des administrations intraveineuses de précurseurs autologues CD34+ du sang périphérique après transfection ex vivo par un rétrovirus codant la protéine p47phox ont été effectuées sans conditionnement préalable des patients. Une correction apparaît en 3-6 semaines, de l'ordre de 0,004-0,05 % des granulocytes totaux du sang périphérique et persiste jusqu'à 6 mois.